L’abattage désordonné des arbres et surtout des espèces très rares, pour raison de culture, pour besoins des planches, pour la cuisson ainsi que pour la recherche de paillette des minerais, a un impact environnemental très sérieux sur la population des villages riverains des sites miniers en particulier, et de la population de la RDC en général. Cela se fait déjà sentir par des perturbations climatiques, bouleversant ainsi les cultivateurs, d’où les problèmes de la sécurité alimentaire. Et les femmes payent de lourds tributs.
Dans la province du Sud Kivu où je suis née et grandie, les questions environnementales et écologiques se posent avec acuité suite à la destruction méchante de la nature, la déforestation, les incendies récurrentes de foret et de la brousse et enfin l’exploitation minière à la débrouillardise.
Celles-ci se traduisent par le changement climatique suite aux perturbations saisonnières, déclenchant à son tour la famine, car les cultures n’ont pas germées. Pour avoir des bois de chauffe, il faut parcourir des longues distances à pieds. Ceci insécurise surtout la femme ; à ses risques de se faire violer. Cette situation défavorise d’avantage la femme, qui, en cas de famine également, se voit entourer des enfants qui pleurent de faim. Et celle-ci, à l’instar de la plus belle femme du monde ne peut donner ce qu’elle n’a pas.
Au comble de malheur, l’incidence des sites miniers provocants des mouvements de terrain (les affaissements, glissement, éboulements et aussi la déforestation), ainsi qu’à la présence d’anciennes cavités minières laissées par la SOMINKI (société minière du Kivu) .A cela s’ajoute la pollution potentielle de l’eau et des sols ou d’exposition de la population. Car, au terme de leur exploitation, les sites miniers n’ont pas été démantelés et réaménagés pour s’intégrer dans l’environnement. Bien que ces problèmes environnementaux créés par l’homme à qui l’Eternel Dieu avait confié la gouvernance de toute chose dans la nature, n'avait certainement pas entendu lui octroyer le droit de l'anéantir ou plus simplement, « le droit de détruire ». Le destin de l’homme est indissociablement lié à elle. Par conséquent L’homme ne peut plus ignorer la nature. Son bien-être et son épanouissement dépendent de l'environnement. Donc l’homme a créé des problèmes environnementaux, et des solutions proviendraient de lui.
Des solutions
Vu l’incidence de la destruction méchante de l’environnement par l’homme, la nécessité de sa protection s'impose. Sous cet angle, protéger c'est non seulement prendre toutes mesures utiles afin de préserver ou défendre l'environnement des dangers qui le menacent, mais également prendre toutes mesures permettant de soutenir ou de favoriser par une aide son développement. L'on doit en outre préciser que la protection ne signifie pas la non-utilisation des ressources environnementales, mais plutôt son utilisation durable, de telle sorte qu'elles profitent aux générations présentes sans compromettre les besoins des générations futures.
Sensibilisation de l'opinion publique
La sensibilisation est une mission essentielle des ONG. Elle leur permet d'acquérir le plus grand nombre d'adhérents possibles à la cause environnementale. ACV, Action pour la Communication pour la Vie, à la quelle j’appartiens, est soucieuse du bien- être de la population riveraine de sites miniers, où les dégâts sont plus visibles, à l’Est de la RDC. Elle préconise l’information des décideurs et de dépositaires d’enjeux de développement par le biais de son outil de communication, qu’est la radio Chemchem. Cette dernière est une station de radiodiffusion locale rurale, émettant de Lugushwa, l’un des sites miniers, avec une audience avoisinant 2,036 840 auditeurs. Ses émissions sont focalisées exclusivement à l’environnement et à la lutte contre le VIH/SIDA. Pour ACV asbl, s’informer c’est déjà agir. Le public reçoit régulièrement des messages leur orientant vers le réaménagement de sites miniers après exploitation, en les reboisant afin qu’ils y retrouvent un usage forestier, agricole, et est aménagé en plan d'eau ou reconverti en zone d'activités. Cette approche est d'autant plus efficace dans la mesure où, le public constitue un moyen de pression puissant sur les autorités étatiques. Et c’est surtout cette même population rurale qui est particulièrement et plus souvent affectée par les problèmes environnementaux. Comme il n’est secret pour personne, nos populations dans les entités où ACV asbl est opérationnel, vivent essentiellement des ressources forestières et de la chasse. A travers les émissions de vulgarisation, on initie la population à prendre à main, la protection de l’environnement, de faire du maintien de ce dernier, sa préoccupation première, une manière de s’approprier la lutte. Des initiations tendant à chercher une source d’énergie propre, et anti déforestation utilisant les résidus agricoles (tiges et épis de mais, écorces de riz, coques de noix de palme, les rameaux de palmier élaeis et bien d’autres biomasses agricoles, efficaces pour la cuisson) sous peine de lutter contre la déforestation et également, alléger les lourds fardeaux que porte la femme rurale ainsi que mettre celle-ci à l’abri de viols sexuels dont elle est l’objet. C’est aussi une mesure de protection de l’environnement au profit des générations futures ; les agriculteurs ont recours à des variétés de cultures à maturation précoce et résistantes à la sécheresse pour faire face au changement climatique et planter des arbres pour lutter contre l’érosion. D’où notre slogan phare : « cultivons en protégeant l’environnement ».
Suite aux pilonnages du public par des messages radio, d’autres associations et mouvements nous emboîtent le pas. Le fait que les gens viennent s’unir à nous, prouve à suffisance, l’intérêt qu’ils ont des questions environnementales. Seulement une difficulté que nous rencontrons dans nos activités, est le manque d’énergie électrique capable de faire fonctionner notre émetteur –radio comme il faut. C’est-à-dire, permettre à couvrir un vaste territoire et allonger les heures d’émissions. Actuellement, nous fonctionnons sous générateur, avec tous ses caprices et le coût exorbitant du carburant ne nous permettent pas à bien fonctionner. Nous sommes en quête d’un partenaire pouvant appuyer cette action en dotant la radio d’énergie solaire ou d’un micro-central électrique pour que nos objectifs soient totalement atteints.
BAHATI Merline

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