Parc des Virunga : Controverse autour de l’exploitation du pétrole

Afymab
Posted October 21, 2015 from Democratic Republic of the Congo
Créé en 1925, et étendu sur 790.000 hectares, la Virunga est le plus ancien des parcs nationaux d’Afrique. Photo/Gorilla Doctors

Faut-il exploiter ou non le pétrole dans le parc des Virunga, un site pourtant inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO? Cette question est au cœur de vifs débats au sein de la classe politique congolaise, des organisations non gouvernementales locales et internationales, des experts économiques et même au niveau des institutions gouvernementales.

Le gouvernement congolais a l’ambition de conduire le pays à l’émergence, à moyen terme. Pour y arriver, les autorités de la République Démocratique du Congo veulent mettre à contribution les ressources naturelles du pays, au nombre desquelles figurent les hydrocarbures. Certains gisements pétroliers se trouvent dans des sites à grandes valeurs biologiques et écologiques, telles que les aires protégées. Les lois du pays, notamment celles relatives à la conservation de la nature et à l’environnement ainsi que les lois internationales que le pays a ratifiées, interdisent les activités extractives dans ces genres de site. Le cas du Parc National des Virunga, situé à l’est de la RDC, illustre bien ce contraste.

En décembre 2007, le gouvernement congolais a octroyé à des multinationales européennes des concessions pétrolières (blocs III, IV et V) qui juxtaposent le Parc National des Virunga sur environ 85% de sa superficie. La compagnie pétrolière britannique Soco International PLC, détentrice du permis sur le bloc V, est la seule qui a réalisé des activités d’exploration pétrolière. Son bloc couvre la totalité du Lac Edouard inclus dans le Parc des Virunga. En réaction à cette attribution des blocs pétroliers, les organisations nationales et internationales œuvrant dans le secteur environnemental et les droits de l’homme ainsi que quelques partenaires de la RDC se sont mobilisées pour réclamer l’annulation pure et simple de ces permis pétroliers.

Que reproche-t-on à cette décision gouvernementale?

«Le contrat de partage de production signé par la République Démocratique du Congo viole les lois congolaises comme celle relative à la conservation de la nature et celle portant principes fondamentaux de l’environnement qui proscrit toute activité extractive dans une aire protégée ; il viole aussi les lois internationales auxquelles le pays a souscrit», a indiqué René Ngongo, Président de la Commission Environnement du Conseil Socio-économique de la RDC.

Pour Pascal Muko de l’ONG EST œuvrant au Nord Kivu, le projet d’exploitation du pétrole dans le Parc National des Virunga est une provocation pure et simple des communautés locales dont la survie dépend de ce site. «Nous n’avons pas été préalablement informés de l’existence d’un contrat de partage de production du bloc V entre notre gouvernement et la compagnie pétrolière Soco. Le principe du CLIP n’a pas été respecté. La communauté locale, dépendante de ces ressources naturelles devrait consentir à ce projet avant sa mise en œuvre. C’est un projet qui nous a été imposé. La vie de la communauté vivant autour du lac Edouard n’est pas négociable. Il n’y a jamais eu d’exploitation du pétrole sans pollution dans le monde. Nous pensons que la gestion rationnelle du Parc National des Virunga apporterait plus des recettes au Gouvernement et pour longtemps que l’exploitation du pétrole qui ne dépasse pas 30 ans», conclut Pascal.

Malgré toutes ces contestations, la compagnie pétrolière a obtenu différentes autorisations et outre les tests aéromagnétiques et aérogravimétriques, elle a réalisé les tests sismiques, avec l’encadrement d’un comité de suivi environnemental et écologique établi par le ministère de l’environnement.

En compensation pour le manque à gagner, pendant les tests sismiques, une somme de 187.000 dollars américains devrait été remise aux pêcheurs du lac Edouard à qui l’accès était interdit. «Durant la phase de prospection pétrolière de Soco, nous avons été empêchés d’accéder au lac Edouard», soupire Silvain Nganduli, pêcheur de Vitshumbi, un village des pêcheurs situé dans le Parc National des Virunga. «Sans une autre activité alternative, imaginez ce que nous avons dû endurer pendant ce temps avec nos familles. Et la compensation promise aux pêcheries n’a jamais été reçue». Tout comme Silvain, plus de 50.000 personnes vivant dans les pêcheries autour du lac Edouard dépendent de ses ressources pour leur survie.

En octobre 2013, le WorldWild Fund (WWF) a déposé une plainte à l’encontre de Soco auprès de l’Organisation de Coopération et de Développement Economiques (OCDE), stipulant que la société pétrolière ne respectait pas les normes de responsabilité sociale des entreprises internationales. A la suite de cette plainte, en juin 2014, Soco a pris l’engagement de ne pas procéder au forage dans le parc des Virunga, à condition que le Gouvernement congolais et l’UNESCO l’autorisent. «Certes, Soco a suspendu ses activités, mais tant que le permis pétrolier n’aura pas été annulé, la menace du pétrole continuera à planer sur Virunga », s’inquiète Gervais Kyambula, coordonnateur de l’ONG MERVI.

Déclaration des politiques congolais pour un possible déclassement

Dans une interview accordée à la BBC en mars 2015, le Premier ministre, Matata Ponyo, a fait savoir la volonté du gouvernement de négocier avec l’Unesco pour obtenir la désaffection d’une partie du parc des Virunga au profit de l’exploitation pétrolière.

Au mois d’août passé, l’ancien Ministre des hydrocarbures Crispin Atama, intervenant sur la radio Okapi, a indiqué que Soco a suspendu ses activités pour laisser le gouvernement, propriétaire du sol et du sous sol, qui a la souveraineté permanente sur le parc de négocier avec le patrimoine mondial.

Ces déclarations des politiques congolais démontrent la volonté du gouvernement de développer la ressource. Par contre, les acteurs de la société civile hostiles à l’exploitation pétrolière, sont préoccupés par le risque de modification des limites actuelles du Parc National des Virunga autour du lac Edouard à des fins d’exploitation pétrolière. «Une telle modification entraînerait des conséquences désastreuses sur les écosystèmes et les opportunités économiques que le parc développe, à travers l’Alliance Virunga», a déclaré René NGONGO. L’Unesco opposé à l’exploitation pétrolière dans le Parc.

Depuis que l’on soupçonne la présence du pétrole aux Virunga, l’Unesco s’est maintes fois opposé à ce projet jugé incompatible avec le statut du site.

Déjà, lors de la 34e session du patrimoine mondial, organe de décision de la Convention, à Brasilia, l’UNESCO s’inquiétait des conséquences éventuelles d’une possible exploitation pétrolière sur les écosystèmes et la biodiversité du Parc. Depuis lors jusqu’à ce jour, le comité du patrimoine mondial, n’a cessé de réitérer sa demande à l’Etat congolais d’annuler tous les permis d’exploration pétrolière se trouvant à l’intérieur du parc.

Contacté, Luis Rodriguez, chargé de programme du patrimoine mondial de l’UNESCO-RDC a réaffirmé la position du Comité du Patrimoine mondial, à savoir : l’exploration et l’exploitation pétrolières et gazières sont incompatibles avec le statut de site du Patrimoine mondial, dont la valeur universelle exceptionnelle doit être strictement préservée. Cette position de l’UNESCO est diversement commentée dans l’opinion congolaise.

La violation des lois congolaises et des conventions internationales mettent les autorités congolaises et tout le pays dans une situation inconfortable vis-à-vis des communautés concernées, de la société civile et des différents partenaires et investisseurs. Si ceux qui sont censés faire respecter la loi ne le font pas, on n’est pas loin de tomber dans l’arbitraire et l’instabilité.

«Le Parc des Virunga est un site de la République Démocratique du Congo classé au patrimoine mondial. Il est inadmissible d’empêcher le pays de procéder ne serait-ce qu’à l’évaluation pour connaitre la qualité, la quantité ainsi que la valeur de ses ressources », a confié l’Expert économiste AL Kitenge à InfoCongo. «Lorsqu’on connait la valeur de ses ressources, on peut être à mesure de lever les capitaux pour développer le pays. Ça, c’est la responsabilité des politiques congolais face aux citoyens congolais qui vont leur demander des comptes et non face aux ONGs. Dans les eaux arctiques, les pays occidentaux sont en train de faire le test pour voir comment ils peuvent exploiter le gaz de schiste. Cette réalité est juxtaposable sur la réalité congolaise», a-t-il renchéri.

Pétrole aux Virunga, un dossier à plusieurs rebondissements et discordances

Le dossier pétrole aux Virunga a fait couler beaucoup d’encres et de salives, il a aussi connu plusieurs rebondissements que d‘aucuns qualifieraient de tergiversations de la part du gouvernement congolais. En 2010, Soco a lancé les premières investigations préalables aux travaux d’exploration pétrolière dans le bloc V, sans préalablement réaliser une Etude d’Impact Environnementale. La même année, les conclusions et propositions de son étude sur le bloc V ont été rejetées par l’ICCN puis par le Ministère de l’Environnement. En 2011, suite aux préoccupations exprimées par l’UNESCO vis-à-vis de ce projet, la RDC a suspendu les activités de prospection pétrolière dans le parc des Virunga.

En 2012, malgré cette pression, le gouvernement de la RDC a accordé à Soco un certificat d’acceptabilité environnementale pour ses campagnes d’acquisition des données aéromagnétiques et aérogravimétriques. Ce revirement du gouvernement a été mal perçu a alimenté diversement les commentaires des acteurs. La problématique Virunga a fait voir des discordances même au sein des équipes gouvernementales.

A titre illustratif, deux ministres du gouvernement Matata II ont affiché leur divergence de vue sur la problématique pétrole aux Virunga dans la presse. Celui de l’environnement a déclaré à l’AFP qu’il n’est pas favorable au pétrole dans le Virunga, alors que celui des hydrocarbures réaffirmait sur Radio Okapi, la volonté du gouvernement de poursuivre avec l’exploitation.

Le Parc National des Virunga, moteur de développement

Créé en 1925, et étendu sur 790.000 hectares, la Virunga est le plus ancien des parcs nationaux d’Afrique. Il est reconnu, notamment, pour l’observation des gorilles de montagne en milieu naturel, l’ascension au volcan Nyiragongo et au Mont Ruwenzori. Sa diversité d’habitats , allant des marécages et des steppes jusqu’aux neiges éternelles du Ruwenzori, à plus de 5.000 m d’altitude, en passant par les plaines de lave et les savanes sur les pentes des volcans fait de ce parc un site exceptionnelle qui abrite une très grande diversité d’espèces végétales et animales. Pour les partisans de l’exploitation pétrolière, le gouvernement de la RDC pourrait se servir des recettes pétrolières pour développer le pays et réduire ainsi la pauvreté et les inégalités sociales.

Le Gouvernement de la RDC n’a jamais nié que Virunga soit le plus beau parc au monde qui peut attirer beaucoup de touristes et contribuer à l’économie congolaise. Le Gouvernement a eu l’occasion de réunir les techniciens qui connaissent les méthodes et techniques susceptibles d’explorer et au besoin exploiter le pétrole sans détruire la biodiversité. «Est-ce que la conciliation de la protection et la production du pétrole n’est possible qu’ailleurs et non en RDC ?» questionne l’Honorable Nzekuye interviewé par Radio Okapi à Kinshasa.

Les acteurs environnementaux reprochent à certains leaders politiques de ne prendre en compte que les intérêts à court terme.

La vie d’un puits de pétrole varie de 20 à 40 ans, faut-il vraiment sacrifier ce joyau de l’humanité pour une exploitation du pétrole non durable, et qui ne va pas contrairement à ce que beaucoup des gens disent, créer des emplois, surtout que le raffinage ne se fera pas en RDC. Quelques sentinelles, quelques chauffeurs seront embauchés, seul un petit noyau de gens en RDC va tirer profit de ce pétrole. Quand on parle économie, il faut voir aussi la durabilité. Les projets qui sont en train d’être mis en œuvre par l’Alliance Virunga et qui constituent une réponse durable pour la province du Nord Kivu et les communautés.

Les réserves pétrolières ne sont pas toutes faites pour être exploitées aujourd’hui, mais il faut qu’on en connaisse la valeur et qu’on soit en mesure de décider de la manière dont on va les utiliser. L’option première devrait être la constitution des titres pour la levée des capitaux susceptible de contribuer au développement du pays. Si nous connaissions de manière certifiée la valeur de nos réserves nous pouvions être sûr, même sans exploiter, d’emprunter de l’argent pour développer le pays. Et ça c’est la responsabilité des politiques congolais.

Le gouvernement devrait attendre la réalisation de l’Etude Environnementale Stratégique sur la partie nord du rift albertin, demandée par le Ministère de l’Environnement et Développement Durable en 2011, car capable de lui fournir des recommandations sur les meilleures options pour le pétrole pour la région.

Vraisemblablement, la question de l’exploitation pétrolière divise l’opinion. L’issu de ce dossier permettra de définir l’avenir de la conservation de la nature, mieux l’avenir des aires protégées en RDC. Entre les besoins économiques à court terme et la conservation des ressources naturelles à long terme, quelle est la meilleure option pour le pays ?

Par Augustine Kasumbule

Pour www.infocongo.org

Comments 5

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Sarah Murali
Oct 21, 2015
Oct 21, 2015

Dear Afymab,

This is an important story with themes that resonate worldwide! It reminds me of the situation in the U.S. where oil companies want to search for oil in sensitive ecosystems of the state of Alaska. Your article brought up many important points to consider in the debate about oil drilling in the Virunga Park, a UNESCO World Heritage Site. The situation is additionally complicated by the fact that DRC will see few of the jobs created by this endeavor, and little of the income, as it seems most of those benefits will go to foreign oil companies. Unfortunately, this situation is all too common!

I hope non-French speakers will use Google Translate to read this story and learn more about the issues of oil extraction in and around Virunga Park!

Thank you for sharing this story!

Sarah

Cher Afymab, Ceci est une histoire importante avec des thèmes qui résonnent dans le monde entier! Cela me rappelle la situation aux États-Unis où les compagnies pétrolières veulent chercher du pétrole dans les écosystèmes sensibles de l'État de l'Alaska. Votre article a soulevé de nombreux points importants à considérer dans le débat sur le forage de pétrole dans le parc des Virunga, un site du patrimoine mondial de l'UNESCO. La situation est en outre compliquée par le fait que la RDC voir quelques-uns des emplois créés par cette entreprise, et peu de revenus, comme il semble la plupart de ces avantages iront aux compagnies pétrolières étrangères. Malheureusement, cette situation est trop commun! Je l'espère non-francophones vont utiliser Google Translate pour lire cette histoire et en apprendre davantage sur les questions de l'extraction de pétrole dans et autour du Parc des Virunga! Merci de partager cette histoire! Sarah

kaitlinl
Oct 21, 2015
Oct 21, 2015

Afymab-

Merci de partager cette histoire avec nous! C'est la première fois que je ai entendu parler de la situation dans la Parc des Virunga, et je suis en d'accord avec Sarch que c'est un situation très grave mais malheureusement universelle. 

Le plus triste pour moi, comme le dit l'article, est que l'extraction du pétrole détruira les moyens de subsistance pour beaucoup de gens et l'environment, mais "la vie d’un puits de pétrole varie de 20 à 40 ans" et quand c'est fini, les compagnies pétrolières trouvera un autre pays ou un autre endroit pour percer l'huile. Les citoyens ne verront pas beaucoup des avantages.

J'espère que vous continuez à sensibiliser les gens à la progression de cette histoire.

Kaitlin

Victoria Green
Oct 27, 2015
Oct 27, 2015

Dear Afymab, 

the post you shared with us is very informative. I was impressed by the quality of the article. The authors managed to describe the existing problem in a very tactic way, including some actions undertaken by the environment stakeholders that as stated "criticize some political leaders to take into account the short-term interests". 

In my opinion this is a painful topic. Few see environment as the main priority in surviving on our planet, especially if we talk about future generations. The short-term interest take over, blinding many who will get to regret later on. 

This post made me interested in Virunga National Park. I hope to be able to visit the place one day. It is said that such a stunning beauty is going to be destroyed by humans and companies, and not even UNESCO is able to preserve it if the government is corrupted. I make wishes that this issue resonates worldwide and that solutions appear soon. 

What can you personally do, in order to make a move in protecting the Park? 

Here is a link to a more detailed description of the situation. 

Parc des Virunga : Controverse autour de l’exploitation du pétrole

Great post! 

Victoria

Victoria Green
Oct 27, 2015
Oct 27, 2015

Chère Afymab,

la poste que vous avez partagé avec nous est très instructif. Je suis impressionné par la qualité de l'article. Les auteurs ont réussi à décrire le problème existant de manière très tactique, y compris certaines actions entreprises par les parties prenantes de l'environnement que, comme indiqué "critiquent certains dirigeants politiques à prendre en compte les intérêts à court terme".

A mon avis ce est un sujet douloureux. Peu voir l'environnement comme la principale priorité à survivre sur notre planète, surtout si nous parlons de générations futures. L'intérêt à court terme prendre le relais, aveuglante beaucoup qui arriver à regretter plus tard.

Ce poste m'a intéressé dans le Parc National des Virunga. Je l'espère être en mesure de visiter le lieu un jour. Il est dit que cette beauté renversante va être détruit par les humains et les entreprises, et même pas de l'UNESCO est en mesure de le préserver si le gouvernement est corrompu. Je fais vœux que cette question résonne dans le monde entier et que les solutions bientôt apparaître.

Que pouvez-vous faire personnellement, afin de faire un geste pour protéger le Parc?

Voici un lien vers une description plus détaillée de la situation. Parc des Virunga: Controverse Autour de l'exploitation du pétrole

Grande poste! Victoria

irenelucia
Nov 23, 2015
Nov 23, 2015

Traduction / Translation:

Virunga National Park: Controversy about oil exploitation:

Should oil be mined in Virunga National Park or not? It is a UNESCO World Heritage Site. This question is at the heart of lively debates among Congolese politicians, local and international NGOs, economic experts, and even governmental institutions.

The Congolese government aims to steer the country towards development in the medium term. To do so, the authorities of the DRC want to draw upon the country’s natural resources, among which are hydrocarbons. Certain oil deposits are found in sites of great biological and ecological value, like protected areas. The country’s laws –– notably the laws about the environment and nature conservation ––, as well as international laws ratified by the DRC, forbid extractive activities in these kinds of site. The case of Virunga National Park, in the east of the DRC, illustrates this contrast well.

In December 2007, the Congolese government granted oil concessions (Blocks III, IV and V) to European multinationals. Together, these concessions cover about 85% of Virunga National Park. The British oil company SOCO International PLC, which holds the license to Block V, is the only one to have conducted oil exploration. This block covers the entire part of Lake Edward that falls within Virunga National Park. Reacting to this allocation of oil blocks, national and international environmental and human rights organizations, as well as some partners of the DRC, mobilized to call for the total cancellation of these oil licenses.

What are our criticisms of this governmental decision?

“The production sharing contract signed by the DRC violates Congolese laws, like the law on nature conservation and the law concerning basic environmental principles that prohibits any extractive activity in a protected area; it also violates international laws signed by the country,” stated René Ngongo, President of the Environmental Committee of the DRC’s Economic and Social Council (quotation translated).

For Pascal Muko, of the NGO EST working in North Kivu, the oil mining project in Virunga National Park is an outright provocation of local communities, whose survival depends on the site. “We were not informed beforehand of the existence of a production sharing contract to Block V between our government and the SOCO oil company. The CLIP principle was not respected. The local community, depending on these natural resources, should have consented to this project before its implementation. This project was imposed on us. The life of the community that lives around Lake Edward is not negotiable. Never has there been oil mining without pollution in the world. We think that rational management of Virunga National Park would bring the government more revenue and for longer than oil mining, which doesn’t last more than 30 years,” concludes Pascal (quotation translated).

Despite all of these objections, the oil company obtained different authorizations, and in addition to aeromagnetic and aerogravimetric tests, it carried out seismic testing, with the supervision of an environmental and ecological monitoring committee established by the Minister of the Environment.

To compensate for their loss of income during the seismic testing, a sum of 187,000 USD was supposed to have been given to the fishers that were forbidden access to Lake Edward. “During SOCO’s oil exploration phase, we were prevented from accessing Lake Edward,” sighs Silvain Nganduli, a fisherman from Vishumbi, a fishing village in Virunga National Park. “Imagine what we had to endure with our families during this time without an alternative activity [to fishing]. And the compensation promised to our fisheries was never received” (quotations translated). Like Silvain, more than 50,000 people living in fishing areas around Lake Edward depend on its resources for their survival.

In October 2013, the World Wildlife Fund (WWF) filed a complaint against SOCO with the Organisation for Economic Co-operation and Development (OECD), stipulating that the oil company did not respect the standards of social responsibility for international businesses. Following that complaint, in June 2014, SOCO pledged not to drill in Virunga National Park, unless the Congolese government and UNESCO authorized them to. “Certainly, SOCO suspended its activities, but as long as the oil license is not revoked, the threat of drilling will continue to hang over Virunga,” worries Gervais Kyambula, coordinator of the NGO MERVI (quotation translated).

Statements by Congolese politicians for a possible reclassification

In an interview with the BBC in March 2015, Prime Minister Matata Ponyo expressed the government’s willingness to negotiate with UNESCO to declassify a part of the Virunga National Park for the benefit of oil extraction.

Last August, the former Minister of hydrocarbons, Crispin Atama, said on Radio Okapi that SOCO suspended its activities to let the government –– the owner of the ground and of the underground, with permanent sovereignty over the park –– negotiate with World Heritage (UNESCO).

These statements by Congolese politicians show the government’s will to develop the resource. On the other hand, civil society actors that are opposed to oil exploitation are worried about the risk of changes to the current boundaries of Virunga National Park around Lake Edward. These boundaries would be modified for the benefit of oil extraction. “Such a change would result in disastrous consequences on the ecosystems and the economic opportunities that the park develops through the Virunga Alliance,” declared René Ngongo (quotation translated). UNESCO opposes oil extraction in the park. Since it was first suspected that there was oil in the park, UNESCO has repeatedly opposed the project, deemed incompatible with the status of the site.

Already, during the 34th session of World Heritage, the decision-making body of the Convention, in Brasilia, UNESCO was concerned about what consequences a potential oil extraction could have on the park’s ecosystems and biodiversity. Since then, and up until today, the World Heritage Committee has continually reiterated its requests to the Congolese government to revoke all oil exploration licenses inside the park.

When contacted, Luis Rodriguez, in charge of UNESCO’s World Heritage program in the DRC, reaffirmed the World Heritage Committee’s position, namely: oil and gas exploration and extraction are incompatible with the site’s World Heritage status; the site’s exceptional universal value must be strictly preserved. The Congolese people hold diverse opinions on UNESCO’s position on this.

The violation of Congolese laws and international conventions puts Congolese authorities and the entire country in an uncomfortable situation with regards to affected communities, civil society, and different partners and investors. If those who are supposed to uphold the law do not do so, then we are not far from falling into arbitrariness and instability.

“Virunga Park is a World Heritage site in the DRC. It is unacceptable to prevent the country from proceeding if it is just to evaluate the quality, quantity, and value of its resources,” economic expert Al Kitenge told InfoCongo (quotation translated). “When you know the value of your resources, you are in a position to raise capital to develop the country. That is the responsibility of Congolese politicians, who are accountable to Congolese citizens and not to NGOs. In Arctic waters, Western countries are currently testing to see how they can extract shale gas. This reality can be juxtaposed onto the Congolese reality,” he added (quotation translated).

Oil in Virunga, a divisive issue with several twists and turns

Much ink and much saliva has been spilt over the oil issue in Virunga. The case has seen several twists and turns, some of which could be seen as dillydallying on the part of the Congolese government. In 2010, SOCO launched the first preliminary investigations into oil exploration in Block V, without having first conducted an Environmental Impact Assessment. That same year, the conclusions on and proposals for its study of Block V were rejected by the ICCN (trad. Congolese Institute for Nature Conservation) and then by the Ministry of the Environment. In 2011, following concerns expressed by UNESCO with regards to this project, the DRC suspended oil exploration in Virunga National Park.

In 2012, despite this pressure, the Congolese government granted SOCO a certificate of environmental acceptability for its campaign to acquire aeromagnetic and aerogravimetric data. The government’s reversal was perceived badly, which fueled diverse comments from stakeholders. The Virunga problem revealed discord even within governmental teams.

To illustrate, two departments of the Matata II government showed their divergent views on the Virunga oil problem in the press. The minister of the environment declared to Agence France-Presse that he is not favorable to oil in Virunga, whereas the minister of hydrocarbons reaffirmed the government’s desire to continue exploration on Radio Okapi.

Virunga National Park, driving force for development

Created in 1925 and spanning 790,000 hectares, Virunga is the oldest African national park. It is notably known for the chance to observe mountain gorillas in a natural setting and to climb the Nyiragongo volcano and the Ruwenzori mountains. Its diversity of habitat –– going from swamps and steppes going all the way to the snowfields of Ruwenzori, over 5,000 meters high, past the lava plains and the savannahs on the slopes of volcanoes –– makes this park an exceptional site, hosting a very large variety of plant and animal species. According to supporters of oil exploration, the Congolese government could use oil revenues to develop the country and thus reduce poverty and social inequalities.

The government of the DRC has never denied that Virunga is the most beautiful park in the world, able to attract lots of tourists and contribute to the Congolese economy. The government had the chance to assemble technicians who know methods and techniques for oil exploration and, as necessary, oil extraction, without destroying biodiversity. “Is reconciling protection and oil production only possible elsewhere, and not in the DRC?” asked the Honorable François Nzekuye, interviewed by Radio Okapi in Kinshasa (quotation translated).

Environmental groups criticize certain political leaders for only taking into account short-term interests.

The lifespan of an oil well ranges from 20 to 40 years. Must we really sacrifice this jewel of the earth for an unsustainable oil extraction project? It will not –– contrary to what many say –– create jobs, especially since the refining will not be done in the DRC. A few sentinels, a few drivers will be hired, but only a small slice of the Congolese population will benefit from this oil. When we talk about the economy, we must also talk about sustainability. The projects currently being implemented by the Virunga Alliance constitute a sustainable response for North Kivu province and its communities.

Not all oil reserves are suited to be extracted today, but we must know their value and we must be able to decide how to use them. The first option should be the constitution of securities to raise capital to contribute to the country’s development. If we know and have certified the value of our reserves, we can be sure –– even without extracting oil –– to borrow money to develop the country. And that is the responsibility of Congolese politicians.

The government should wait for the Strategic Environmental Assessment to be completed on the northern part of the Albertine Rift –– requested by the Ministry of the Environment and Sustainable Development in 2011 since it can provide recommendations on the region’s best oil options.

Apparently, the question of oil extraction is a divisive one. This case will make it possible to define the future of nature conservation, and better yet, the future of the DRC’s protected areas. Between the short-term economic needs and the long-term conservation of natural resources, which is the country’s best option?

By Angélique Kasumbule and David Akana

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