LA POPULATION CIVILE EST MENACEE A BENI EN REPUBLIQUE DEMOCRATIQUE DU CONGO : un plaidoyer pour la protection des femmes et enfants

Davchase
Posted June 22, 2021

La situation qui se passe dans la ville et territoire de BENI en République Démocratique du Congo doit interpeller tout congolais patriote et toutes les organisations humanitaires. Depuis une décennie, les congolaises et congolais sont massacrés dans cette partie du pays par des ADF ou des individus qui se font passer pour des ADF sous nos regards. Les mois de mars et avril 2021 ont été encore plus meurtriers pour nos compatriotes de cette partie du pays. Franchement, nous nous sentons frappés dans notre chair et dans nos cœurs. C’est vraiment une situation qui interpelle tout le monde.

Depuis l’ancien Président de la RDC Joseph KABILA, les autorités politiques et militaires ont toujours fait des promesses de venir à bout des ADF, mais chaque jour nous assistons encore à de morts. Les femmes sont violées et égorgées comme des vaches à l’abattoir.

La situation de BENI touche tout le peuple congolais. Que vous soyez de l’Est, de l’Ouest, du Nord, du Sud ou du Centre de la République Démocratique du Congo, nous sommes tous concernés par ce qui se passe à BENI. Nous devons donc intervenir pour faire quelque chose.

Pour mettre fin à cette tragédie tous les congolais sont appelés à profit :

Les politiciens doivent jouer leur rôle en prenant les décisions qui conviennent, en mettant les moyens humains, financiers et matériels nécessaires à la disposition de l’armée et de la police pour qu’elles assurent leur mission.

Les militaires et les policiers doivent jouer leur rôle en sécurisant le pays, en assurant la protection des biens et des personnes. Elles doivent revoir aussi leur stratégie d’intervention en adoptant leurs actions à la manière dont les ADF opèrent dans cette zone. Ce n’est pas une guerre conventionnelle.

La MONUSCO (Mission d’organisation des Nations-Unies pour la stabilité en République Démocratique du Congo) doit jouer son rôle dans le plan opérationnel convenu avec les autorités politiques et militaires de la République Démocratique du Congo, en mettant l’accent sur la protection des civils.

Et nous les citoyens, que devons-nous faire ? Devons-nous rester les bras croisés ? Devons-nous assister silencieux face aux malheurs qui nous frappent tous à partir de BENI ?

Ceux qui sont à BENI et ses environs sont appelés à collaborer avec l’armée et la police en signalant toute présence des ADF ou des individus qui se font passer pour les ADF. Aucune armée ne peut remporter la victoire dans un coin du monde sans l’appui des populations concernées.

Ce qui est incompréhensible, c’est ce qui se passe à Kinshasa. Depuis l’ancien Président Joseph KABILA à ce jour, tous ceux qui ont écrit aux autorités politico-administratives de Kinshasa pour organiser des marches pacifiques à titre de soutien aux militaires ou à titre de solidarité aux populations de BENI ou pour exiger de la MONUSCO le respect de son mandat, notamment la protection des civils, ont toujours eu la fin de non-recevoir. Ces marches ont toujours été empêchées ou réprimées.

Étonnement, lorsque les membres de la communauté NANDE (une des tribus de Beni) et quelques congolais qui ont tenté d’organiser un sit-in devant la MONUSCO, ils se voient être pourchassés par la police comme des inciviques et des bombes à gaz lacrymogènes sont larguées dans la population qui tente de manifester. Quelques personnes se voient également être interpelées et d’autres blessées seulement par ce qu’ils ont décidé de manifester pacifiquement. Et pourtant, l’article 26 de la Constitution de la RDC offre à chaque congolais la liberté de manifester sur les voies publiques ou en plein air.

Face à cette attitude des autorités congolaises qui ne veulent pas que les citoyens se mobilisent pour BENI, il y a lieu de se poser ces questions avec acuité : Pourquoi les marches pacifiques pour BENI sont toujours empêchées ou réprimées à Kinshasa ? Quelles sont les personnes que ces marches pacifiques pour BENI dérangent à Kinshasa et ailleurs ?

Si nous avons des réponses à ces questions, il est donc impossible que nous comprenions ce qui se passe à l’Est et particulièrement à BENI.

Souvent, nous n’avons pas de bonnes solutions parce que nous ne nous posons pas de bonnes questions.

Un jour, l’histoire dira son mot sur ce qui se passe à BENI et alors nous connaitrons la vérité.

Tout ce que je demande aux citoyens qui comprennent les enjeux de ce qui se passe à l’Est est de rester mobilisé pour BENI.

Nous voulons un Congo plus beau qu’avant.

Comments 5

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Jill Langhus
Jun 25
Jun 25

Salut David,

C'est tellement triste. Je suis d'accord avec vos suggestions. A quand les prochaines élections ? C'est la seule chose que je pensais pouvoir renverser la vapeur là-bas. Qu'est-ce que tu penses? Y a-t-il un espoir de changement immédiat ? Merci pour le partage et la sensibilisation à la situation.

Davchase
Jun 26
Jun 26

Chère Jill,
Merci beaucoup pour votre compassion. En effet, les prochaines élections auront lieu en 2023. Mais cette date est encore hypothétique d'autant plus que les troubles menaçant une partie du territoire national seraient susceptibles de retarder les élections de la RDC. Par rapport à cette situation, je pense que la sensibilisation de groupes armés à déposer les armes pour le bien de la population civile est une bonne option. Il faudra que le processus de négociation soit entamé pour aider les femmes, filles, enfants, vieux, vieillards et jeunes à retrouver la paix.
Aussi, un espoir de changement immédiat est possible si et seulement si la volonté politique est mise en place. Tout dépend de la volonté de nos autorités politiques du pays.
Voilà ma façon de voir les choses. Halte au secours de nos mamans et filles...

Jill Langhus
Jun 28
Jun 28

D'accord, merci d'avoir clarifié. Cela a du sens pour les politiciens et les partis politiques. Certains d'entre eux sont-ils empathiques ou prêts à changer ? Est-ce que vous leur écrivez, ou cela semble-t-il être une perte de temps ?

Davchase
Jun 29
Jun 29

Merci beaucoup Chère Jill pour l'intérêt que vous accordez à mon histoire par rapport à ce qui se passe dans mon pays, la République Démocratique du Congo. En effet, la question de la sécurité intéresse tout compatriote. J'ai déjà adressé plusieurs correspondances aux autorités politiques du pays au sujet de la situation sécuritaire. Jusque là, le changement est partiel. Visiblement, ma démarche n'est pas une perte de temps. Aussi, la position des autorités politiques (partis politiques et politiciens) est mitigée. Il y a ceux qui estiment que la paix durable proviendrait de la stratégie de changer les militaires qui sont longtemps restés sur la partie où le conflit armé ne cesse de s'accentuer. Et une autre partie justifie le maintien des forces armées tout en envisageant que d'autres stratégies seraient mises en place pour garantir la paix et la sécurité des femmes et enfants et de toute la population civile.
Je reste pessimiste quant à la deuxième position. Il n'y aura pas de paix sur une partie du territoire national de la RDC tant que le Président de la République, commandant suprême des forces armées ne décidera pas sur l'audit de l'armée congolaise pour bien identifier les bons et mauvais militaires qui sont au service de la nation. La vie de nos mamans et enfants est en danger.

Jill Langhus
Jun 30
Jun 30

Eh bien, bravo à vous d'avoir écrit toutes ces lettres, d'être un ardent défenseur des femmes, et continuez aussi. J'espère que la marée changera très bientôt. Continuez à faire ce que vous faites puisque vous voyez des progrès. Ça n'a pas l'air d'être en vain !