Stand with her: Mon premier combat contre les violences sexuelles

Laetitia Shindano
Posted December 5, 2019 from Democratic Republic of the Congo

En RD.Congo, la fin des études secondaires est toujours sanctionnée par un diplôme d’Etat  décerné aux lauréats après passation des épreuves nationales. C’est ledit diplôme qui donne l’accès aux études supérieures et universitaires.

Dans le temps, c’était surtout les élèves qui fréquentaient les collèges et autres institutions religieuses  situées surtout en milieu rural, qui obtenaient les meilleures cotes.

Soucieux de ma réussite, mon père m’avait fait inscrire au collège Monseigneur Mala de Kasongo/ Maniema qui était dirigé par le recteur, monsieur l’abbé P.

Mon année de fin  d’études secondaires dans ledit collège se termina avec succès et j’avais pu enfin retourner dans ma famille après une année de séparation.

Pendant 2 mois, moi et ma famille attendions mon diplôme  d’Etat qui devait nous être envoyé à  Bukavu/ Sud-Kivu, par le responsable du collège. En effet,  il y’ avait un avion, petit porteur  qui assurait le transport des passagers et des colis entre le diocèse de Kasongo  et la ville de Bukavu. Hélas,  mon diplôme ne venait toujours pas malgré les multiples lettres, messages par téléphone sans fils de mon père au recteur dudit collège.

Comme j’avais choisi de faire les sciences politiques et administratives  à l’université et pour ne pas rater les inscriptions, je partais donc sans diplôme pour la ville de Lubumbashi /Katanga ou se trouvait ladite faculté.   Les inscriptions de nouveaux étudiants avaient commencées. Je fus inscrite grâce  aux extraits des  journaux qui publiaient les résultats des  lauréats  mais il fallait  dans une semaine, confirmer  mon  inscription.  

Cette obligation académique était pour moi une course contre la montre. Je  fis donc le voyage aller/retour de 4 jours par train  jusqu'à  Kasongo.   

Des mon entrée au bureau du recteur, celui-ci m’informa : «  c’est sciemment que j’ai refusé d’envoyer ton diplôme  à  ton père  que je respecte bien, je voulais que tu viennes toi-même  ici, je veux que tu sois ma secrétaire, n’allez pas a l’université ».J’étais abasourdie, je lui avais dit que j’étais venue seulement  pour retirer mon diplôme afin de poursuivre mes études.

Pour toute réponse, il m’avait dit de repasser a son bureau a 15 heures.   A l’heure fixée, J’étais devant son bureau   mais au lieu de me recevoir dans ledit bureau, il m’avait  conduit dans une autre salle. Une fois  à l’intérieur, il m’avait brusquement serré dans ses bras et voulu  me jeter sur un lit qui  était dans un coin.  Malgré mon jeune âge à l’époque, j’étais  parvenue à me dégager  et à saisir une grosse  agrafeuse qui était sur le bureau.  J’avais commencé  à crier et à le menacer de casser toutes les vitres de la salle s’il osait encore me toucher.  Devant ma détermination de passer de la parole  à l’acte, il me laissa partir sans me remettre mon diplôme.

J’avais une tante paternelle à Kasongo et je l’informai de la tentative de viol dont je venais d’échapper de la part du recteur du collège et de son refus de me délivrer mon diplôme.  Sans tenir compte  des convenances  envers les prêtes et abbé catholique, ma tante était partie directement le voir et  avait exigé sur le champ la remise de mon diplôme.

 A 20 heures de la même journée, j’étais dans le train pour le voyage retour de 2 jours. Le  5eme jour, j’avais confirmé  mon inscription. Il était temps.

Cet acte de violences subies à  la fin de mon adolescence, m’avait vraiment traumatisée. J’avais des cauchemars et j’ai vécu avec  la peur  pendant de longues années.  A l’âge adulte, j’avais  toujours peur pour toutes les fillettes et les jeunes filles  à telle enseigne que je ne  souhaitais  que la naissance des garçons que ce soit dans ma famille ou dans la communauté. Ce comportement  avait inquiété tout  mon  entourage.

Mon engagement  depuis  2003 ,aux cotes  d’autres femmes activités des droits de femmes   pour la défense des droits des filles et  des femmes ainsi que dans la  lutte contre les violences sexuelles ,a permis la guérison de mes blessures intérieures .

                  

 

This story was submitted in response to #IStandWithHer.

Comments 14

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Anita Shrestha
Dec 05, 2019
Dec 05, 2019

Thank you for sharing

Wusufor
Dec 05, 2019
Dec 05, 2019

Dear Laetitia,
So sorry you have to experience this at a tender age. What a wicked soul he is. You did well by screaming on top of your voice. I am very proud of you. Yes I am !

I loved these your statement
"My commitment since 2003, along with other women's women's rights activists in defense of the rights of girls and women as well as in the fight against sexual violence, has allowed the healing of my inner wounds."

Thanks for sharing and have a great day.
#istandwithher
Hugs

Laetitia Shindano
Dec 09, 2019
Dec 09, 2019

Chère Lisbeth

Merci pour le commentaire de mon post.

A bientot

Wusufor
Dec 11, 2019
Dec 11, 2019

You are welcome dear :-)

Jill Langhus
Dec 06, 2019
Dec 06, 2019

Bonjour Laëtitia,

Comment allez-vous, mon cher? Merci de partager votre histoire vulnérable. Je ne suis pas surpris que tu sois traumatisé. Que pensez-vous pouvoir faire pour vous aider à surmonter cela? Pouvez-vous lui pardonner? Pouvez-vous croire que vous êtes coupable, mais vous n'êtes pas responsable du tout?

J'espère que vous n'avez pas obtenu votre diplôme une fois que vous êtes allé le chercher?

Laetitia Shindano
Dec 09, 2019
Dec 09, 2019

Chere Jill

Merci de vos commentaires.
J'avais obtenu mon diplôme grâce a ma tante et j'avais pu poursuivre mes études a l’université.

A bientot

Jill Langhus
Dec 09, 2019
Dec 09, 2019

Bon, super d'entendre!

J'espère que vous passez une excellente semaine!

Karen Quiñones-Axalan
Dec 06, 2019
Dec 06, 2019

Chère Laetitia,

C'était vraiment une expérience traumatisante. Je suis ravi que vous ayez pu vous protéger et signaler l'incident. Je suis si heureux que votre tante vous a écouté et vous croit. Surtout, je suis heureux que vous luttiez maintenant contre la violence sexuelle. Vous considérez-vous déjà guéri de cet incident?

Hannah B
Dec 06, 2019
Dec 06, 2019

Hello Laetitia,
Thank you for sharing your story! I am so sorry to hear that you had to suffer this, and that this man tried to block you from furthering your education.
I hope that you are finding a lot of support for your work for women's rights - you are a valuable part of the sisterhood of World Pulse!
Warm regards,
Hannah

Laetitia Shindano
Dec 09, 2019
Dec 09, 2019

Chère Hannah,

Merci de vos commentaires.
Concernant le soutien a mon travail, je vous dirai que moi et mon organisation l'ASBL GDIBU, nous travaillons avec nos moyens très réduits.

A bientot

ANJ ANA
Dec 06, 2019
Dec 06, 2019

Dear Laetitia,

So sorry to hear about your traumatized experience at early age, my dear sister. But the way you healed through awareness and helping other is something very admirable and great Keep your good work sister, there are millions of women across the globe suffering from sexual violence. Together we can work for combating the violence against younger girls and women. Keep your good work sister.
I along with all the world pulse sister are with you.
love and regards,
anjana

Laetitia Shindano
Dec 09, 2019
Dec 09, 2019

Chère Anjana

Merci de vos commentaires.
Je suis d'accord avec vous que la lutte contre les violences sexuelles doit être menée ensemble et non en solitaire.
A bientot.

lizzymark
Dec 08, 2019
Dec 08, 2019

Sorry you went through that dear,but taking a stand is great not only for you but also for the girls you are helping. Great job.

Laetitia Shindano
Dec 09, 2019
Dec 09, 2019

Chere Lizzy

Merci de vos commentaires et de vos encouragements.

A bientot